Ce matin, ça ne me tentait pas de me lever. Je voulais rester au lit avec toi et sentir ton front sur ma joue, alors que tu tentais de me réveiller en ronronnant. Mais je ne dormais pas. Je voulais juste savourer ce dernier moment avec toi ma minette.
Dans la voiture, tu te caches au fond de ta cage et tu miaules nerveusement. J'essaye de te gratter le cou, mais les fils de fer de la cage sont étroitement placés et mes doigts n'arrivent qu'à rejoindre ton nez. J'ai envie de te sortir de là, de te prendre dans mes bras et de te rassurer d'un bisou dans le cou.
Patrick entre avec nous dans la salle d'examen. Je le sens lui aussi troublé. Cette expérience lui rappelle celle qu'il avait vécu avec Muffin, son chat précédent. Il me regarde pleurer alors qu'on attend le vétérinaire. Je me trouve bien chanceuse d'avoir un si bon ami. On se partage le paquet de mouchoirs. Après tout, avec sa copine Nikki, il était là pour toi à chaque fois que je partais en voyage et te laissais derrière.
Trente-huit Kleenex plus tard, le vétérinaire nous explique la procédure et tout commence. Tu es calme, mais la première piqûre, celle qui te fera d'abord dormir, te surprend et tu cries très fort. Mais en moins de 30 secondes, tu te mets à tituber et je comprends que ta petite taille accélère le processus. Tu te couches sur la table et je te caresse, te couvre de bisous, te dis à quel point je t'aime. Que je vais toujours t'aimer, toi ma petite minette, ma kiki, ma mini minouzz, avec qui j'ai passé quatorze ans de ma vie.
La deuxième piqûre agit vite. Le vétérinaire caresse ton front en écoutant ton coeur se taire.
Je te vois expirer ton dernier souffle. C'est fini.
En sortant de la clinique, il pleuvait.